Des Matières ...

La flore et la faune des îles de l'Océan Indien nous permettent de travailler des matières et des essences de bois très variées. Concernant le travail fait à partir de la carapace de tortue, Saxo reste un des derniers artisans écaillistes sur l'île. Ces créations sont donc toutes réalisées à partir d'un stock officiellement constitué avant 2000.

Quand il sera écoulé, cet artisanat d'art  si particulier appartiendra au passé.

Carapace de tortue verte

Au nombre de sept espèces marines, seul la tortue Chélonia mydas, tortue franche ou verte était élevée à la Reunion. L'élevage en premier à but alimentaire, fournissait aussi les matières utiles à l'artisanat l'écaille, le cuir mais aussi la carapace. La carapace dorsale est formée d'os et de cartilage recouvert de treize écailles jaspées, la ventrale appelée plastron a une écaille jaune translucide.Le cartilage permet la déformation de la carapace lors des plongées profondes. Sur les bords elle présente de petites écailles appelées onglets, jaspées sur le dessus et jaune sur le dessous (utilisés en art de la table). Un traitement chimique était nécessaire pour le maintien à long terme de l'écaille sur la partie osseuse. Poncée à la main puis polie, elle révèle tout son éclat sans verni. Utilisée seulement dans nos ateliers en tant que matière, elle sert en coutellerie a réaliser des plaquettes, chaque fois de volume différent, qui laisseront apparaître une partie blanche osseuse recouverte d'écaille. Nous l'utilisons aussi en bijouterie.

Photo : Carapace brute non polie

L'Ecaille de tortue

L'écaille est la partie superficielle de la carapace. Celle  de la tortue chélonia mydas est fine et très jaspée, celle de la caret est épaisse et mouchetée. Les teintes varient du blond translucide au brun foncé. La ventrale est uniformément jaune. Formée en partie de kératine, elle prend tout son éclat après deux phases de polissage, elle est malléable et peut se mettre en forme a la chaleur. Travaillée depuis l'époque de Louis XIV en Europe, Boule, ébèniste du roi, a mis au point beaucoup de techniques, dont celle de la fabrication des "copeaux", soudure naturelle a la chaleur de plusieurs épaisseurs, permettant notamment la fabrication des lunettes tant réputées. Celle de la tortue chélonia était peu utilisée et uniquement en placage. L'élevage de St Leu a procuré une épaisseur supérieure suffisante en bijouterie et autre... Seul le stock  répertorié, provenant de l'élevage et antérieur à 1984 est autorisé. Chaque artisan a une autorisation a renouveler tous les 5 ans. Ce stock non renouvelable est voué à disparaitre ainsi que son artisanat.

Photo : Ecaille de tortue , une brute et une polie ...

Le bois de tamarin :

Le bois de tamarin, de la famille des mimosacées est endèmique et produit à la Réunion. De couleur beige au brun orangé, aux grains gros et pores creux d'un bel aspect, il est beaucoup utilisé à la Réunion.

Le bois de letchi :

Bois donnant les fruits du même nom, appelé encore cerisier du Japon, de couleur rosé à rouge dur et lourd, au grain serré et au pore plein, magnifique en coutellerie.

Le bois de cassia de Siam :

Le cassia du Siam, appelé communément cassia de siam ...est originaire d''Asie du Sud-Est et du Sri Lanka. Cet arbre est planté à basse altitude dans les jardins pour sa rusticité et surtout sa belle floraison jaune. Sa croissance est rapide et son bois est utilisé par les ébénistes. Bois blanc qui en son coeur devient strié noir et marron foncé, pouvant être très veinés, d'ou son appelation "bois de serpent" à la Réunion.

La corne de zebu :

Le zébu, animal emblématique de Madagascar, possède des grandes cornes qui offrent une matière très fine. Une fois polie, elle offre des polychromies toujours différentes de noirs, de gris, d'ambre et d'ocres très variés. La pointe de la corne est pleine, l'autre partie, vide, est aplatie pour réaliser des articles fins. La pointe est parfois compressée, augmentant sa rentabilité, mais cette technique a tendance à la fragilisée. Dans nos ateliers, nous n'utilisons que la pointe à l'état pur. LA CORNE DE ZEBU, celle ci est blonde ...

Le bois de benjoin :

Le bois de benjoin endémique à la Réunion,de couleur jaune à jaune vert aux pores creux et grains serrés. De bonne qualité et solide, ces fils et contres fils rendent sa finition difficile. Nous l'utilisons en coutellerie et Orfèvre.

Le bois d'Ebene :

L'Ebene de madagascar est uniformément noir, bois très dur, de plus en plus rare.


Le bois d''olive Réunion :

A la Réunion il existe le bois d'olive blanc et le noir, du même veinage et caractéristiques que l'olivier de métropole, ils se différencient par leurs teintes plus ou moins foncées.

Le bois de camphre :

Le bois de camphre, reconnaissable à son odeur,bois blanc tirant sur le jaune ou le rose aux pores creux aux veines larges et colorées.Plutôt utilisé en tournage et pièces Orfèvres.

L'os de tortue :

Nous parlons ici de la partie osseuse de la carapace. Sous forme de plaques soudées, il procure toute la solidité de celle ci. Nous l'utilisons en bijouterie art de la table mais surtout en coutellerie sous forme de plaquettes. Après saturation, il est mis en forme puis poli, de teintes variant du blanc, gris au beige orangée, il peut prendre l'aspect d'un minéral.

Le damas :

Abandonné en raison des progrès techniques de la sidérurgie moderne, il est de nouveau en vogue par son esthétique inégalable. L'acier damas présente des motifs décoratifs qui reflètent la structure interne de la matière. Il est constitué de deux acier différents qui seront torsadés et repliés (plus de cent couches pour l'acier que nous utilisons ). En fin d'ouvrage il sera immergé dans des bains d'acide révélant son motif. Dans notre atelier, nous utilisons pour la coutellerie un damas inoxydable martensitique "DAMASTEELAB" de plus de cent couches (RWL 1,05% C, 14%CR ,4% MO ; et PMC 27 0,65%C,13%Cr ) et pour la bijouterie nous travaillons sur une base d'aciers inoxydables austénitiques.

Le rostre de marlin :

Le rostre de marlin, machoire supérieure de taille très differente selon la race, mais toujours de forme conique et donc de section circulaire. Il presente latéralement des petites "épines", qui travaillées superficiellement peut donner un joli moucheté. Très belle matière, difficile à travailler et donc rarement utilisée en coutellerie.

Onglet :

Les onglets forment la partie latérale des carapaces, écaille plus ou moins anguleuse jaspée dans sa partie supérieure et jaune dans sa partie ventrale.

... et des mots.

Comme pour tous les métiers d'arts, le vocabulaire employé dans la coutellerie est riche et précis. Afin de vous familiariser avec tout ces termes, nous vous proposons ci-dessous un lexique permettant d'expliquer la signification de certains termes.

  • Affûter: Redonner du tranchant à une lame.
  • Acier : Un acier est un alliage métallique constitué principalement de fer et de carbone
  • Aiguiser : Entretenir le tranchant (le fil) au moyen d'une pierre, d'un fusil, ect...
  • Backstand : Machine de coutelier ,sur laquelle on peut monter différents outillages type, bandes et disques abrasifs, frottes à polir ...
  • Bélière : Anneau destiné à accrocher un lacet ou une bélière.
  • Brut de forge : On appelle brut de forge une lame dont on a laissé apparent les coups de marteaux lors du forgeage de lame .Esthétique rustique des fois recherché.
  • Butée de fermeture : Mécanismes divers empêchant la lame d'être en contact avec le ressort une fois fermé.
  • Ciselure : Technique de décoration obtenue par enlèvement du métal.
  • Côte : Partie venant se fixer sur la platine pour former le manche.
  • Damas : Voir rubrique matière  (type d'acier obtenu par assemblage de plusieurs feuilles d'acier de duretés différentes, pliées et soudées ensemble par forgeage. Les motifs ainsi crées sont révélés à l'acide).
  • Emouture : Partie de la lame s'amincissant progressivement depuis le dos jusqu'au tranchant, habituellement symétrique et pouvant être creuse ou plate. Demande une certaine dextérité lorsqu'elle réalisée à la main sur un backstand.
  • Epissoir : Gros poinçon métallique, très pointu et légèrement courbe placé sous les couteaux de marine. Sert à séparer les torons d'un cordage.
  • Estamper : Forger en un seul coup par écrasement du métal chauffé au rouge.
  • Fil : Partie tranchante de la lame.
  • Garde : Rebord protecteur placé entre la poignée et la lame d'une arme blanche. Pièce destinée à empêcher la main de glisser généralement métallique, située entre le manche et la lame de certaines armes blanches.
  • Guillocher : Décorer le ressort ou le dos de la lame à la lime et au tire-point.
  • Inox : L'acier inoxydable, couramment appelé acier inox ou inox, est un alliage d'acier (comportant moins de 1,2 % de carbone) avec plus de 10,5 % de chrome, dont la propriété est d'être peu sensible à la corrosion et de ne pas se dégrader en rouille.
  • Lustrer : Obtenir un polissage brillant.
  • Liner lock : Style de couteau dont le système de blocage se situe dans une des platines (ligne qui bloque ).
  • Maillechort: Voir rubrique matière.
  • Mitres : Parties généralement métallique situées à l'avant ou et à l'arrière des plaquettes. En orfèvre de table elle sépare la lame du manche, elle est demi française lorsqu'elle est soudée ou orfèvre quand elle est pleine forge.
  • Mouche : Protubérance située à l'avant d'un ressort (en forme d'abeille sur un laguiole).
  • Plaquettes ou cotes : Parties latérales d'un manche.
  • Platines : Parties latérales d'un manche sur lesquelles sont fixées les plaquettes. Généralement en acier ou maillechort.
  • Ressort : partie médiane du manche servant de rappel lors de l'ouverture et fermeture de la lame.
  • Soie : Tige métallique rentrant dans les manches pleins, fixant la lame au manche.
  • Stock removeld : Technique d'enlèvement de matière faite à l'aide d'un backstand, qui permet de détourer la lame ou le couteau et de réaliser l'émouture. La réalisation d'un couteau se fait à la forge ou et, à l'aide de la technique du stockremoveld.